Cahier numéro 3 :

L'Union européenne : histoire d'une province américaine

"Fuck the EU  !"  Lors de la déstabilisation de l'Ukraine, Victoria Nuland, secrétaire d'État adjointe américaine pour l'Europe, a exposé, malgré elle et avec un rare sens de la synthèse, la nature vassalique des relations entre les États-Unis d'Amérique et l'Union européenne. Ce fantasme de l'UE conçue comme contre-poids à la puissance états-unienne nous  donne l'occasion de nous pencher sur les origines historiques de cette prétendue construction. Car en fait de construction, il s'agit bien plutôt d'une élaboration géopolitique sous contrôle américain inspiré par les idées paneuropéennes du comte de Coudenhove-Kalergi et... le régime nazi. Dans  un contexte de guerre froide, le juriste Walter Hallstein, ex-officier nazi et premier président de la Commission européenne de 1958 à 1967, fut en effet  l'un des initiateurs du Traité de Rome et le promoteur de l'Europe fédérale en 1965, après avoir servi les visées hégémoniques du IIIe Reich. L'un des dogmes actuels de l'idéologie européiste, le dépassement des barrières douanières est, de façon symptomatique, déjà contenu dans l'exposition propagandiste "La France européenne" qui s'est tenue au Grand Palais à Paris en 1941. L'American Comity for United Europe (ACUE), créé le 5 janvier 1949 et dirigé par William J. Donovan et Allan W. Dulles, tous deux dirigeants de l'ex-OSS  devenu CIA, s'inspira donc des premiers travaux d'Hallstein et poursuivit son œuvre en ayant recours aux "services" des "Saints Pères" de l'Europe, Robert Schuman et Jean Monnet. L'Union européenne, une terre où ruissellent le lait et le miel, où s'épanouit une vie nouvelle faite de paix et de justice sociale ? Cette promesse répétée à l'envi et jusqu'à la nausée depuis plus de trente ans par les tenants de la ploutocratie, dont Pierre Leroux a fort bien parlé, et par les idiots utiles du sans-frontiérisme d'extrême-gauche (sous contrôle du capital), masque mal le bilan désastreux de cette Europe assujettie à la puissance américaine et l'impérieuse nécessité du retour à la souveraineté populaire et à son expression politique, la Nation.

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© C. Boumedjmadjen